Terre de contrastes, la Ribera del Duero n’en finit pas de surprendre.
Cette appellation du nord de l’Espagne, nichée au cœur de la Castille-et-León, fascine autant par son histoire millénaire que par la diversité de ses vins.
Si elle est célèbre pour ses rouges puissants et structurés, elle sait aussi faire place à des expressions plus subtiles, empreintes de fraîcheur et de précision.
Une terre extrême, forgée par les contrastes
Avec des vignes à plus de 1’000 mètres d’altitude, la Ribera del Duero est un vignoble d’altitude parmi les plus exigeants d’Europe.
Entre un soleil de feu, des hivers glacées, des amplitudes thermiques extrêmes ( de –20 à +42 °C), cela forge des raisins concentrés, riches en couleur et en arômes.
Les sols argilo-calcaires, sablo-limoneux et pierreux constituent un véritable patchwork géologique, donnant naissance à des vins d’identité forte.
C’est une terre où la vigne lutte, mais c’est dans cette lutte que naît la beauté. Et dans ce décor rude et lumineux, deux vins racontent cette dualité :
Preludio de Sei Solo, millésime 2020 :
Fruit des vieilles vignes de La Horra et Moradillo, (jusqu’à 100 ans !), le Preludio de Sei Solo est un vin de précision.
Issu exclusivement de Tempranillo, vendangé à la main, vinifié parcelle par parcelle avec des levures indigènes, ce vin reflète la philosophie d’un vigneron : laisser le sol s’exprimer sans fard.
Élevé 16 mois en barriques, dont la moitié seulement neuves, il conjugue pureté du fruit et élégance de la matière.
Le nez dévoile des notes de fruits noirs, de cacao et d’épices douces. En bouche, la matière est soyeuse, tendue, soutenue par une fraîcheur minérale qui allonge le vin sans jamais l’alourdir.
Un vin qui prouve que la puissance peut rimer avec justesse.
Pour un accord gourmand, je vous propose un burger chèvre oignons caramélisés et miel.
Le saviez-vous ?
L’appellation Ribera del Duero n’a obtenu son statut de DO (Denominación de Origen) qu’en 1982, une reconnaissance tardive pour un terroir vieux de 2 500 ans.
Après la tension et la pureté du Preludio, cap sur une autre facette de la Ribera, plus ample et méditative : le Pago de Santa Cruz.
Pago de Santa Cruz, millésime 2019 :
Sur les coteaux de La Horra, à 840 mètres d’altitude, le domaine Viña Sastre incarne l’âme la plus pure de la Ribera.
Depuis 1992, la famille cultive ses vignes en gobelet, sans herbicides ni engrais chimiques, et vendange tout à la main.
Le Pago de Santa Cruz 2019 est un assemblage de 80 % Tinta del País, 10 % Cabernet Sauvignon et 10 % Merlot.
Élevé 31 mois en barrique, il allie profondeur minérale, complexité aromatique et long potentiel de garde.
Au nez, des notes de fruits noirs, de torréfaction et d’épices douces. En bouche, une onde de cacao, de café torréfié, de fruits mûrs, portée par des tanins fondus et une allonge impressionnante.
Un vin qui semble respirer au rythme du vent continental et de la patience du vigneron.
Pour un accord inattendue, je vous propose un tacos de crevettes au paprika fumé et cumin, adouci d’un tzatziki citronné. Un accord audacieux où la chaleur des épices réveille la profondeur du vin et la fraîcheur du tzatziki souligne ses tanins fondus.
Le saviez-vous ?
La Ribera del Duero est une région de tradition : plus de 5 029 viticulteurs et 316 bodegas cultivent ici la vigne, dont 68,8 % à la main.
Ici, un cépage est roi, le Tempranillo, appelé localement Tinta del País, avec près de 96 % des plantations. Son adaptation au climat continental sec, sa peau épaisse et sa capacité à exprimer le terroir en font le pilier de l’appellation.
Ces deux cuvées traduisent toute la dualité de la Ribera del Duero :
Preludio, tout en verticalité, pureté et énergie et Pago de Santa Cruz, ample, terrien et méditatif. Deux interprétations du Tempranillo, cépage caméléon, capable d’incarner aussi bien la force que la finesse.
Aujourd’hui, la Ribera del Duero est à un tournant : la nouvelle génération de vignerons, à l’image de Sei Solo ou Viña Sastre, revendique une expression plus pure, équilibrée et dans le respect du vivant.
Et vous, quel visage de la Ribera préférez-vous ?
La profondeur du Pago de Santa Cruz ou la tension du Preludio de Sei Solo ?
Pour en apprendre davantage sur sur cette appellation :
Instagram: @riberadelduero_ch_fr
MW